Bas-Congo : Ralentissement des activités économiques aux ports de Matadi et de Boma

Des activités économiques aux ports de Matadi et de Boma ont connu un ralentissement dans le domaine des importations, depuis près de deux mois, selon plusieurs négociants du Bas-Congo cités par Radiookapi.net. Ceux-ci incriminent la suspension d’importations des vieux véhicules décidée par le Gouvernement depuis plus d’une année. Le ralentissement des activités économiques aux ports de Matadi et de Boma a été confirmé par le vice-président provincial de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), Jean-Luc Bekama. Il a attribué cette situation à l’activité économique sur le plan national.
Des sources locales à Matadi ont affirmé que la présence d’un nombre élevé des containers déchargés par des navires avec diverses marchandises étaitt un facteur d’augmentation du trafic portuaire, ajoutant que d’habitude, lorsqu’il y a engorgement, on pouvait compter jusqu’à 8 000 containers. Mais à ce jour et jusqu’à la fin de la semaine dernière, il n’ y a que de près de 5 230 containers entreposés au port de Matadi.
La même source précise que la suspension la semaine dernière du système dit : « d’évacuations d’office» est l’un des éléments qui expliquent le ralentissement d’activités portuaires. Cela signifie qu’en cas d’engorgement du port, les autorités avaient autorisé que les marchandises soient déchargées sur de gros véhicules, qui les acheminent directement vers d’autres espaces privés concédés par l’Etat (ports privés).

Incidence négative sur l’économie
Le vice-président provincial de la FEC a reconnu la baisse du rythme d’importations, tout en déplorant son incidence négative sur l’économie provinciale. «L’activité économique est plus centrée sur les ports de Boma et de Matadi. Et ces activités absorbent la plus grande main-d’œuvre de la province, notamment la jeunesse qui tourne autour des opérations de dédouanement […] : le dédouanement des marchandises containerisées, qui est une activité opérée par les grands transitaires et aussi le métier des déclarants débout», a-t-il reconnu
Il a estimé que l’interdiction d’importer des véhicules mis en circulation depuis plus de 10 ans enverra beaucoup de jeunes au chômage. «Dans les mesures qui sont en train d’être prises, il faudrait que le Gouvernement voit d’un côté le fait que la République doit avancer et de l’autre penser qu’il y a des hommes et des femmes qui vivent des activités existantes et qu’en supprimant une activité, il faudrait trouver une activité palliative pour ne pas asphyxier les gens», a souhaité Jean-Luc Bekama.
Le gouvernement congolais avait interdit en octobre 2012 l’importation des véhicules d’occasion mis en circulation avant 2002.  Par cette mesure, diversement interprétée par l’opinion nationale, le gouvernement congolais a voulu « limiter l’impact nuisible des véhicules polluant l’environnement ». Après expiration du premier moratoire accordé aux importateurs, le 26 mars dernier, un autre délai supplémentaire avait été accordé du 17 avril au 17 juin 2013.
A chaque cas d’accident provoqué par les véhicules dits « 207 », les Congoilais n’hésitent pas de saluer la mesure prise par le gouvernement.
Le président national des importateurs des véhicules en RDC, Freddy Nkumu, avait, quant à lui, qualifié cette mesure de «mal venue». Selon lui, le Gouvernement devrait d’abord baisser les frais de dédouanement des véhicules récents avant de penser à l’interdiction des plus anciens.
Kléber Kungu

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