A la tête d’une croisade contre Matata, l’opinion s’interroge : De qui A. Yuma de la FEC est-il le « porte-flingue » ?

matata-ponyo-albert-yuma 1Une campagne dans laquelle tout se mêle est officiellement lancée contre Matata. Qui aurait tout de même tort de minimiser la capacité de nuisance de tous ceux qui ne jurent que pour avoir sa peau. Coûte que coûte, et, ça, à n’importe quel prix. Une des têtes d’affiche de la nébuleuse qui veut de la mort politique (précoce) de Matata, et qui avance non masqué, le doigt sur la gâchette, n’est autre que l’inamovible président Albert Yuma de la FEC. Mais à tout considérer, Matata n’aurait pas intérêt à s’engager tête baissée dans cette bataille déclenchée, de manière à la fois inattendue et lâche, par cet homme qui se sait mourant politiquement et qui, dans ses derniers spasmes, cherche désespérément une main non pas pour le secourir, mais pour l’achever. Yuma a le culte de l’excès et du culot. Il aime s’engager dans des combats qui l’exposent de telle manière à flatter son égo.

Il veut s’offrir la peau de Matata. Si d’autres avant lui n’y sont pas parvenus, ou pas encore, lui, fort des appuis troubles et multiformes dont ils bénéficient auprès de certains des meilleurs fossoyeurs de l’économie du pays, ne doute aucunement de ses chances.

Provocateur et amateur assumé des amalgames déroutants, il est indifférent au fait que le fond et la forme de sa prose, même adressée en très haut lieu, ne soient pas de la même sève.

Il envoie un mémo au Chef de l’Etat signé de sa seule main. Comme il signe seul de documents qui engagent la FEC et destiné à être publiés. Avant que celui-ci n’ait donné à cela un début de réponse, pressé comme le vent, Yuma largue le tout sur la place publique. La réaction du Chef de l’Etat peut attendre. Lui se sent investi d’une mission : régler des comptes en urgence à ce Matata qui veut assainir ces eaux boueuses dans lesquelles lui et ceux qui lui ressemblent pèchent leurs meilleurs poissons sans être inquiétés.

La réponse du Premier magistrat à son courrier importe peu à ses yeux que l’effet, qu’il espère dévastateur, que son mémo fleuve va produire dans l’opinion.

Et contre Matata. Tel est l’homme. Il n’est pas dans le combat, réservé à son intendant pour défendre ses membres, seul contre tout le monde. Il vise autre chose de plus épais, de plus voyant et de plus parlant, dont il peut rapidement tirer des gros dividendes : la peau de Matata. Cet homme qui a osé boucher les quelques trous précieux par lesquels lui et ceux qui sont comme lui, recevaient des grosses bouffées d’oxygène sans que quelqu’un se permette à les inquiéter.

Dans une langue trébuchante parce que mal raffermit, et couverte d’épithètes ronflants, Yuma se mue en porte flingue contre Matata. Mais pour le compte de qui ? Sinon de lui-même et de ceux qui, comme lui, considèrent l’économie de ce pays comme leur chasse gardé où ils tirent à loisir sur tout gibier de leur choix. Pas de compte à rendre à qui ce soit, surtout pas à ce gouvernement qui veut remplir les caisses en faisant payer à chacun ce qu’il doit à l’Etat.

C’est ça que Yuma et ses amis trouvent révoltant. Pour eux, rien ne doit changer surtout pas en bien ou en mieux.

A défaut d’être ménagées avec d’infinies précautions, les mauvaises habitudes, à la base de l’appauvrissement généralisé des congolais, doivent, elles, être maintenues.

Agité là où la sérénité est souvent requise, surtout pour une personnalité de son rang, le président de la FEC est dans une espèce de course contre la montre. En menant, le couteau entre les dents, ce combat d’arrière garde contre Matata. Grâce à ce combat sans lendemains heureux, Yuma espère ralentir, sinon stopper net, l’élan pris par Matata, dans une course sans répit et sans pitié contre tous les ennemis de l’ordre et de la saine gestion de la chose publique.

Face au succès jusqu’ici rencontré dans cette guerre contre les anti-valeurs, les adeptes et autres professionnels du cafouillage, de la loi du plus malin et du moindre effort, ne trouvent plus oreille attentive dans ce pays.

Yuma lutte pour des contrôles fiscaux faits à la tête du client. Il est pour la pérennisation du régime des intouchables. La TVA qui est pratique courante dans le monde entier, devient un prétexte pour encourager les opérateurs économiques à se soustraire au paiement de cette taxe, incapable de ruiner leurs affaires. Yuma raisonne comme si les événements de l’Est qui sont hautement sanglants et budgétivores étaient financés avec le sable du lac Kivu. Pour peu que nous soyons sur la même longueur d’onde, Yuma ne devrait pas perdre de vue que la dette intérieure est précisément dans les priorités proclamées du gouvernement Matata.

Encore faut-il lui accorder le temps et le concours nécessaire pour pouvoir y faire face de manière heureuse.

Au lieu de quoi, on crée des conditions pour décourager ceux qui nous apportent le précieux supplément financier dont nous avons besoin pour faire face  à toutes les urgences du moment. De même, est-il vraiment indiqué de poser à Yuma la question de savoir à combien ses membres qui signalent une baisse de leurs activités de 20 à 30 % achètent-ils le carton de chinchard qu’ils vendent ici à près de cent dollars américain ? Dans quel pays a-t-on vu des grands producteurs qui sont eux-mêmes grossistes et détaillants ? Et l’on ose crier au scandale lorsque l’Etat tente de mettre son nez là-dedans.

De même, que Yuma ne se trompe pas. La classe moyenne ne peut pas être créée par une ordonnance ou par un décret. Hier ce sont les grands distributeurs de tout ce qui est produit localement  qui formaient l’embryon de la classe moyenne congolaise.

Le gouvernement n’a jamais demandé, et il l’interdit  même, aux grands producteurs d’être à la fois dans la production, la distribution et la vente au détail. Yuma ne doit pas chercher à politiser les rapports de la FEC avec le gouvernement. Parce que à la tête de cette croisade qui veut la tête de Matata, il risque fort de  » s’auto-flinguer  » accidentellement. C’est déjà arrivé sous d’autres cieux. En se trompant de combat, d’ennemis et d’époque, il y a beaucoup de chances que cela lui arrive un jour. Pas aussi lointain qu’il pourrait le croire.

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