Bangui, présence justifiée de nos militaires

Croiser les bras devant la rébellion qui menace d’emporter la légalité en Centrafrique, tout le monde peut se le permettre, mais pas la RDC.

Nous sommes des habitués des rébellions, agressions qui naissent ici pour un oui ou pour un non. Nous sommes donc mieux placés pour comprendre la crainte, tout à fait justifiée, des pays de notre sous-région de refuser de cautionner par leur silence une rébellion qui pourrait traverser les frontières de n’importe lequel de nos Etats.

La présence à Bangui des troupes congolaises dans le cadre de la Fomac (Force multinationale d’Afrique centrale), de la CEEAC et de l’Union africaine relève d’un devoir élémentaire de solidarité. Nous battre en Centrafrique n’est rien d’autre que nous battre pour les nôtres qui vivent là-bas, et qui sont très nombreux, et aussi pour nos intérêts qui tardent à être développés de manière pérenne.

Il est temps en effet que disparaisse de l’Afrique cette culture fondée sur le recours au bazooka dès l’instant où l’on a échoué sur le plan de la palabre. L’échec, sachons-le, fait partie de ce que les politiciens doivent intégrer dans leurs démarches, comme le font d’ailleurs beaucoup d’étudiants qui se présentent à des examens en s’attendant à tout.

On peut connaître sa matière, et ne pas être psychologiquement en état d’en parler devant l’examinateur avec toute la maîtrise requise. Il arrive ainsi  à ces politiciens qui ont raison au départ, mais qui finissent par avoir tort parce qu’incapables, au final, de convaincre les autres autour de la table.

L’histoire, la nôtre et celle des autres, nous apprend que toutes les guerres finissent en définitive par être gagnées au tour de la table par ceux qui savent mélanger les serviettes et les torchons sans se faire prendre.

Tout ceci pour dire que les rebelles centrafricains commettent l’erreur d’ignorer les institutions légales de leur pays dans l’espoir de créer les leurs qui vont à leur tour engendrer de nouvelles rébellions.

Ils ignorent certainement qu’une rébellion est généralement plus aisée à mener qu’une négociation, surtout si elle est mal préparée. Nous devons donc être fiers en soutenant nos hommes de troupe qui vont verser leur sang là-bas pour que la démocratie ne disparaisse pas du sol centrafricain.

Des rebelles à Bangui, pourquoi s’empêcheraient-ils d’investir Zongo en face ? On dit souvent ; un malheur ne vient jamais seul. Nous accommoder d’une rébellion à nos frontières équivaut à encourager ceux de nôtres qui ne désespèrent pas de  la déclencher chez nous.

Les pères fondateurs de l’Union africaine avaient, déjà en leur temps, mentionne que le pouvoir ne pouvait jamais se conquérir autrement que par les urnes. Depuis lors, l’eau a coulé sous le pont. Les dictatures ont eu le temps d’essaimer partout, mais pour être aussitôt, c’est-à-dire des décennies plus tard, remplacées par des démocraties qui font ici et là la fierté du continent. Ce n’est pas encore parfait partout, mais le ton est donné, et, en plus, l’allure est là.

Et aucune espèce de marche en arrière en la matière ne saurait être tolérée. L’opinion africaine est réveillée, et désormais éveillée. Il n’est pas plus possible aujourd’hui de faire les choses qui comptent sans compter avec l’opinion.

D’où notre seul souhait : que nos militaires fassent là-bas preuve d’une discipline et d’une combativité de nature à redorer l’image fortement abîmée de nos forces armées dans l’opinion. D’ici et d’ailleurs. Ils doivent se battre avec la même bravoure et la même détermination comme s’ils défendaient leur propre sol. Le sol du Congo que les mangeurs des mouches grillées du M23 ont souillé les yeux ouverts et la conscience en lambeaux.

En Centrafrique, ils sont en terre étrangère, tout en étant intimement chez eux. Car la paix en Centrafrique signifie un surcroit de paix et de quiétude en RDC. Les désordres récurrents qui secouent ce pays frère, signifient simplement aussi inquiétudes et tourments incessants en RDC.

Entre deux maux, il faut toujours choisir le moindre. Le moins coûteux et le plus facile à gérer. Qui est, dans le cas d’espèce, l’intervention de nos militaires en Centrafrique. Que nous tous sommes tenus de soutenir de toutes nos forces.

Mankenda Voka

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