Nord-Kivu : 150 militaires recrutés par le M23 ont été remis à la CIRGL

Cent cinquante militaires congolais qui avaient rejoint la rébellion du M23 lors de l’entrée du mouvement dans la ville de Goma ont été remis, lundi 10 décembre, au bureau du mécanisme conjoint de vérification de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL). C’est le chef militaire du mouvement rebelle, Sultani Makenga, qui a conduit cette opération à Kanyarucinya, une dizaine de kilomètres au nord de Goma.

Pour Sultani Makenga, ce geste est un  » signe de bonne foi de son mouvement  » qui veut donner la chance à la paix dans cette partie de la République, cité par radiookapi.net.

Loin d’être un geste  » de bonne foi  » d’une rébellion qui n’a pas encore déposé les armes contre la RDC, les 150 militaires remis à la CIRGL ne sont que des vieux militaires dont les rebelles du M23 se sont débarrassés, ne servant plus à rien, sinon bons pour la retraite, estiment certaines sources généralement bien informées. D’autres sources militaires renseignent que ces militaires, aussitôt arrivés à l’état-major de la 8ème Région militaire, ont été renvoyés dans leurs domiciles.

Au lendemain de leur entrée à Goma, les rebelles du M23 ont procédé à un recensement des militaires et policiers restés dans la ville. Ces éléments ont été envoyés dans d’autres localités occupées par le mouvement rebelle  » pour une formation « . Si leur nombre exact n’est pas connu, un officier de la police congolaise avance le nombre de mille deux cent cinquante.

Par ailleurs, d’autres militaires avaient également rejoint la rébellion quelques heures avant son entrée dans la capitale du Nord-Kivu.

De même, trois officiers de l’armée congolaise, membres du corps médical de l’hôpital militaire Katindo, amenés de force par les rebelles au moment de leur retrait de Goma, seraient toujours en détention à Rumangabo, importante base militaire contrôlée actuellement par les rebelles.

L’histoire nous rappelle que quelques heures après la chute de Goma,  au moins 1 100 éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), s’étaient rendus en plein stade des Volcans, en plus de quelque 700 policiers de la Police nationale congolaise. Que sont-ils devenus ? Ont-ils regagné leur bercail lors du retrait des hommes de Sultani Makenga ou les ont-ils accompagnés ? Et où sont passés tous ces jeunes Nord-Kivutiens dont on avait dit avoir rejoint les rangs de la rébellion et que les Gomatraciens avaient vus entrer dans leur ville aux côtés des rebelles ?

Ceux qui prennent Sultani Makenga pour un saint, prêt à remettre à l’armée qu’il combat les éléments qui se sont rendus volontairement à lui sont seulement aveuglés par une naïveté déconcertante. Comment peut-on se débarrasser d’une si bonne prise obtenue si facilement, alors que les hostilités sont loin de prendre fin ?

Tout porte à croire que les 150 militaires remis à la CIRGL sont ceux dont M. Makenga ne sait plus que faire.

Kléber Kungu

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