A la majorité présidentielle, l’agitation commence déjà

Alors qu’au tableau noir de la République, les bonnes nouvelles ne manquent pas, le feuilleton de nos cauchemars avec les institutions financières internationales refait surface. Et pourtant, avant qu’on en arrive là, nous étions quelques uns à tirer la sonnette d’alarme. La République avait été prévenue qu’au mois de décembre au plus tard, les partenaires tenaient à être fixés de manière claire sur les clauses qui lient l’Etat à la Gécamines, société d’Etat. Ça n’a pas été fait dans le délai, et le couperet est tombé aussitôt. Le Fonds monétaire international a fermé son robinet en refusant de proroger l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit (Fec). Ce qui représente 240 millions de dollars américains en moins au soutien de la balance des paiements de la RDC.

Maintenant que les dégâts sont dans la maison, posons-nous la question de savoir ce que ces contrats qui nous valent cette punition contiennent de si secret qui soient de nature à gêner notre coopération avec le FMI.

Quelles que soient les clauses qu’ils contiennent, on ne voit pas en quoi, pour notre intérêt, ils justifieraient la détérioration de nos rapports avec ces vieux compagnons de route que sont les institutions financières internationales, toujours au chevet de la République chaque fois que la respiration de celle-ci incite à quelques petites inquiétudes.

Si nous étions superstitieux on dirait, surtout avec ces fêtes sacrées de la nativité bientôt à nos portes, que la chance s’acharne à nous tourner le dos. Comme si l’innommable drame de Kivu que nous vivons intensément dans notre chair ne suffisait pas, nous voici de nouveau avec un couteau à la gorge pour nous rappeler à respecter les règles d’un partenariat auquel nous avons librement souscrit.

Dans l’espoir que cette situation ne sera que passagère, nous nous devons quand même de faire très attention. En ayant à l’esprit que les mauvaises nouvelles n’arrivent jamais seules. Maintenant la préoccupation : par quelles autres plus mauvaises nouvelles vont-elles être suivies ?

N’oublions pas que nous avons déjà entre les mains quelques dossiers importants qu’apparemment nous n’arrivons pas à gérer de manière heureuse.

Non pas parce qu’on le veut ainsi, mais tout simplement, faute de volonté on se refuse aussi à se donner les moyens pour gagner toutes ces batailles, pourtant, et largement, à notre portée.

De Dar-es-Salam, il n’en sortira pas une nouvelle de nature à réjouir sincèrement les Congolais. Et pendant ce temps, et pour mieux asphyxier et décrédibiliser un régime qui fait appel à un peu d’air frais et à davantage de compréhension, la démocratie est au point mort dans le Bas-Congo et dans la Province Orientale où avaient été organisées des élections des gouverneurs et vice-gouverneurs que les Congolais et la communauté internationale avaient salué de deux mains. Le régime agit comme s’il se sentait  cerné. Comme pour s’en sortir il se croit obligé de multiplier des problèmes auxquels il refuse d’apporter des solutions déjà entre ses mains.

A se demander pourquoi opère-t-il de cette manière troublante dans une logique de quelqu’un qui participe volontairement à son suicide.

Pour mieux s’en convaincre, il suffit d’observer l’agitation qui a gagné les rangs de la Majorité présidentielle depuis que les bavards de M23 ont annoncé leur volonté de marcher jusqu’à Kinshasa.

Il suffit donc que nous  ayons le moindre petit problème, entre nous-mêmes ou avec nos partenaires extérieurs, pour que l’on pense aussitôt à la fin de tout. On en est déjà à rêver de remplacer ceux qui sont aux affaires aujourd’hui par des supposés cadres plus compétents, toujours en embuscade d’ailleurs depuis que Matata s’est mis à boucher tous les trous par lesquels tous les petits fossoyeurs de la République étanchaient, l’âme en paix, leur soif d’enrichissement sans cause.

On ne le sent peut être pas très bien à tous les niveaux, mais toutes les occasions sont aujourd’hui mises à profit pour tenter de déstabiliser les institutions de la République. C’est la preuve que les épreuves que nous endurons ne nous ont pas rendus plus alertes et plus réalistes.

De la lâcheté qui nous caractérise, et rapproche nombre d’entre nous des thèses de M23, à cette complotite qui se construit et se consolide autour de nous, la preuve est faite que nous n’avons encore rien appris. Sinon, il faut croire que nous apprenons très vite à condition qu’on nous répète la leçon plusieurs fois par jour.

L’agitation des bonzes de la Majorité présidentielle, tous candidats non déclarés à la succession de Matata, devrait, même si nous aimons le sommeil, nous inciter à ouvrir même la moitié de notre œil. Il n’y a aucune honte pour un pouvoir à refuser de mourir debout et éveillé.

Mankenda Voka

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