Chute de la ville de Goma : La puissance de feu des M23 trahi les soutiens extérieurs

La facilité déconcertante avec laquelle les mutins du M23 ont conquis, pratiquement sans combats, mardi dernier Goma, chef-lieu de la province du Nord Kivu, s’explique par une puissance de feu que le mouvement rebelle ne disposait pas jusque là.

Après les rapports d’experts des Nations Unies et du gouvernement congolais accusant le Rwanda et l’Ouganda  de soutenir militairement le M23, une preuve supplémentaire attestant de l’implication des puissances extérieures et autres multinationales internationales a été donnée hier mercredi 21 novembre, au cours du point de presse hebdomadaire  conjoint des Nations Unies.

Dans une sorte de justification devant l’impuissance des forces onusiennes dans la prise incompréhensive de la ville de Goma par les M23, surtout des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) qui ont laissé le champ libre en se retirant de la ville, le porte-parole de la Mission de l’organisation des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), Félix Prosper Basse, a dans le récit des batailles ayant débouché à la chute de la ville de Goma comme un fruit mur, reconnu aux mutins une capacité de feu supérieure due à une artillerie et équipements militaires performants. Le commissaire général de la police de la Monusco, Abdallah Wafi, a pour sa part renchérit,  » cette force de feu n’avait rien a avoir avec celle du M23 « .

C’est une évidence que, un tel arsenal ne pouvait provenir que des puissances étrangères et autres multinationales internationales, notamment anglo-saxonnes, qui trouvent leur intérêt dans l’exploitation illicite, mieux, dans le pillage des ressources minières et naturelles de la RDC.

Pourtant, rien ne présageait une telle avancée des rebelles, quand les FARDC ont énergiquement répondu aux premières attaques lancées contre leurs positions par des éléments M 23 le 15 novembre courant dans la localité de Kibumba, ensuite en direction du Sud, dans la région de Kibati, jusqu’à les repousser loin dans le parc de Virunga.

Les données ont changé sur le terrain lors que les rebelles ont lancé le 17 novembre courant une attaque contre les positions FARDC de Kirumba, Mboga, aux monts Ruhondo et dans zone des Trois Tours, Kibirigi Parc II, en direction du Nord et du Nord-est.  » Face à cette nouvelle offensive qui a vu l’engagement d’environ 3000 rebelles du M23, appuyés par une puissance de feu surprenante, les forces congolaises ont tenu leurs positions avec détermination, avant de décrocher aux alentours de 8 heures malgré l’emploi de leurs hélicoptères de combat et ceux de la Monusco « , a révélé le porte-parole militaire de la mission onusienne. La défense en profondeur placée par la mission onusienne jusqu’à Kibati pour arrêter la progression des M23 et celle mise à Kanyamohoro, se sont finalement avérées inopérantes.

La mission onusienne lève l’équivoque sur les informations contradictoires sur le contrôle de l’aéroport de Goma.  » Malgré l’entrée du M23 dans le ville de Goma, la Monusco continue toujours d’assurer le contrôle de l’aéroport « . Néanmoins, Le lieutenant colonel Félix Prosper Basse a reconnu que  » les tentatives du M23 pour occuper l’aéroport international de Goma ont toutes été vouées à l’échec, car repoussées par les casques bleus en charge de la sécurisation de cet espace aéroportuaire « . Avant d’enchaîner,  » qu’il n’y a pas une cogestion de l’aéroport de Goma « .

Abdallah Wafi est allé plus loin en avertissant que la Monusco utilisera cet aéroport dont elle contrôle toutes les installations comme bon lui semble.

Dans de propos plus ou moins nuancés, le général Patrick de Gramont, commandant des forces de la Monusco, a évoqué la possibilité d’avoir des arrangements techniques dans l’occupation de l’aéroport avec les nouveaux occupants de la ville de Goma.

Face aux reproches de plus en plus récurrentes faites aux forces onusiennes de ne pas participer efficacement à la pacification du pays, le porte-parole de la Monusco, Madnodje Mounoubaï, répond avec philosophie.  » A la Monusco, nous avons accepté depuis longtemps d’être de boucs émissaires. Pourquoi vous ne vous posez pas de véritables questions à ceux qui doivent résoudre vos problèmes « . Avant de poursuivre sur sa lancée ;  » vous avez des frères et des amis dans l’armée. Si ce bouclier ne fonctionne pas, ne venez pas nous flageller « .

Pour conclure, le porte-parole la Monusco a affirmé,  » nous ne faisons pas partie de problèmes de la RDC, mais nous faisons partie de solutions « .

Dovin Ntelolo Diasonga

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