Pour l’opinion, le Dircab du chef de l’Etat, Beya Siku joue un jeu trouble

Même les spécialistes en Droit administratif les plus avisés n’en reviennent pas. Une cacophonie qui ne dit pas son nom, s’est solidement ancrée au Sommet de l’Etat. Malheureusement entretenue par les gardiens du temple de la Présidence de la République dont le directeur de Cabinet. Une cacophonie qui consiste à ce que les différents services de l’Etat, représentés par leurs mandataires s’entrebouffent,-comme si on était dans la cour du roi Pétaud-perpétuant ainsi la continuation du « gouvernement parallèle » tant décrié dans un passé récent.

Au moment où nous mettons sous presse la présente édition, le décor est bien planté pour que l’actuel gouvernement ait fort à faire avec le programme quinquennal qu’il a mis en place pour le redressement de l’économie du pays et du social des populations, après l’avoir présenté puis adopté à l’Assemblée nationale en mai 2012. Le point d’orge de ce programme gouvernemental, rappelons-le, est la lutte contre la corruption, la fraude fiscale et douanière sous toutes leurs formes.

Mais malgré tout l’arsenal que le gouvernement a mis en place pour gagner ce pari, des esprits malins s’arrangent pour torpiller ses actions afin de le porter en faux, non seulement contre les aspirations du peuple congolais mais aussi et surtout contre la vision du Chef de l’Etat. Nous en voulons pour preuve, ce que d’aucuns peuvent appeler gesticulations mais que les experts en la matière considèrent comme ancrage des pratiques maffieuses. Celles qui proviennent du temple, pourtant censé être le coffre-fort du nouveau leadership impulsé par le Président de la République.

La vision du Chef mis en mal !

En effet, comment comprendre que ces derniers temps, le directeur de cabinet du Chef de l’Etat, Me Gustave Beya Siku, pourtant mieux outillé, s’arroge des compétences qui ne sont pas siennes pour adresser de correspondances épistolaires aux ministères et autres services publics de l’Etat, semant ainsi le doute et l’émoi dans l’opinion. Qui pis est, celles d’inviter le Procureur Général de la République à ouvrir des informations judiciaires contre ces mêmes services de l’Etat ! Dernier cas en date, c’est l’avis au public qu’il a émis sous peu pour appeler l’opinion  » à ne plus prêter foi aux avis d’appel d’offre lancé par le Bureau Central de Coordination (BCeCo)  se rapportant, soit au recrutement des consultants en vue des audits dans certains services de l’Etat, soit aux marchés publics dont ces derniers et certains ministères seraient bénéficiaires « . Vous avez bien lu : « seraient bénéficiaires ».

Pour Me Beya Siku, les avis de cette agence gouvernementale, la première en RDC, ne sont pas conformes à ses statuts d’une part, et aux prescrits de la Loi n° 10/010 du 27 avril 2010 relative aux marchés publics et du Décret n° 10/22 du 02 juin 2010 portant Manuel de Procédures de la Loi relative aux Marchés publics, d’autre part. A l’analyse de cet avis au public du patron du Cabinet du Chef de l’Etat, ceux qui connaissent l’historique et les nouvelles missions du BCeCo se perdent en conjectures et se demandent si ce dernier n’est pas tout simplement de mauvaise foi. A défaut, il s’agit ni plus ni moins d’une action de sape tendant à battre en brèche la vision du Chef de l’Etat impulsée pour des actions gouvernementales à impacts visibles et dans la durée.

En 2001, un constat amer avait été fait quant à l’application d’un système national de passation des marchés. Celui-ci était inadapté aux impératifs de transparence, d’économie et d’efficacité, caractérisé par le gré à gré. Le gouvernement ne pouvait plus croiser les bras. C’est ainsi qu’il avait pris un train de mesures visant la mise en place, avec le concours des bailleurs des fonds notamment la Banque mondiale, des agences fiduciaires de passation et de gestion des marchés. D’où la création du BCeCo, de l’Unité de Coordination des Projets (UCoP) et autres.

S’agissant du Bureau Central de Coordination qui fait l’objet d’attaque du directeur de Cabinet du Chef de l’Etat, des missions précises lui avaient été assignées à sa création. Il s’agit notamment de la mise en place de divers projets d’aide d’urgence faisant l’objet des accords de don ou de prêt à des conditions concessionnelles conclus avec les Bailleurs de fonds. Outre ces missions, le BCeCo, fort de son expérience, sert également d’agence de sous-traitance pour le compte d’autres structures gouvernementales voire des entreprises de l’Etat.

Silence, on torpille… !

Où est donc le péché d’Israël si cette agence fait la même chose pour le service d’assistance et d’encadrement du Small Scale Mining, « SAESSCAM », le Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC) ? La correspondance du Directeur de cabinet du Chef de l’Etat est, ni plus, ni moins, une injonction à une Institution, en occurrence le Parquet général de la République. Pourtant, il n’a ni qualité, ni compétence de saisir, en son propre nom, le Procureur Général de la République.

De la même manière, qu’il n’a pas compétence à appeler l’opinion à ne pas faire foi à des actes posés par un service public de l’Etat dans le strict respect de la Loi. Donc, c’est anti-constitutionnel. Et de là à dire que le directeur de Cabinet met le Président de la République en danger, il n’y a qu’un pas que d’aucuns s’apprêtent déjà à franchir.

Le tableau ainsi peint, l’opinion voudrait savoir pour qui roule réellement Me Gustave Beya Siku ? Comment comprendre que c’est au moment où tout le pays, avec en tête son premier citoyen, aspire résolument à un changement radical des mentalités pour lutter contre les anti-valeurs, que le directeur de cabinet du Chef de l’Etat se mette à torpiller les efforts du gouvernement et de certains services de l’Etat.

De là croire que ses dernières correspondances constituent l’arbre qui cache la forêt, on n’est pas loin de la vérité. Une vérité qui est têtue dans la mesure où la mémoire collective ne se souvient pas un seul instant l’avoir vu dénoncer, par correspondance bien ficelée comme il sait le faire, les tares qui gangrènent l’appareil judiciaire de notre pays.

De la même manière, il n’a jamais été vu monter au créneau pour dénoncer le calvaire que font subir la Snel et la Regideso à la population à qui ces deux entreprises de l’Etat émettent des factures sans avoir fourni régulièrement de l’électricité et l’eau. Que dire également de services illégaux qui opèrent aux frontières alors qu’un décret présidentiel limite le nombre de services à quatre ? Fait étonnant, pour ces deux cas, Me Beya Siku garde un silence de carpe au lieu de faire respecter les instructions du Garant de la Constitution.

Attentisme dans ces deux cas, il préfère torpiller ailleurs, comme il le fait pour des îlots des services de l’Etat comme le BCeCo où la rigueur, la transparence et la traçabilité de la gestion financière sont un hobby. Cela s’explique peut-être par le fait qu’il ne veut pas se séparer des oripeaux des certaines pratiques déconvenantes. Car, il est de notoriété publique que Me Beya Siku est un avocat conseil des certains opérateurs économiques qui sont loin d’être blancs comme neige et qui payent difficilement les droits et taxes dus au Trésor public. Des langues fourchues citent le cas de Hyper Psaro.

Ceci expliquant cela, le Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat devra se rendre à l’évidence que ses correspondances, loin de remettre l’ordre dans les services de l’Etat, les fragilisent, les décrédibilisent, surtout que sa personne n’est pas mieux indiquée pour ce genre de travail qui conduit ni plus ni moins à des actions de sape. Il est plus que temps qu’il se ravisse pour ne pas écorcher l’image du pays et par ricochet, celle du président de la République. Car cela s’apparente à faire croire qu’il milite pour la survivance d’un gouvernement parallèle qui a mis en mal les actions de l’équipe gouvernementale précédente.

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