De nouveaux gouverneurs on attend du neuf

Ce n’est pas aujourd’hui que l’on va cesser de parler de ce qui s’est passé la semaine dernière à Matadi et à Kisangani où des personnalités que personne n’attendait et qui ne jouissaient d’aucun soutien visible d’une famille politique d’importance ont créé la surprise, en se faisant élire gouverneurs des provinces, Orientale et du Bas-Congo. Battant ainsi à plate couture ceux des candidats ouvertement et massivement soutenus par leurs familles politiques respectives.

Pour dire les choses autrement, c’est la première fois depuis que ce pays fonctionne en démocratie que les candidats du pouvoir, si on excepte le cas She Okitundu, mordent la poussière devant des candidats affichés indépendants. Même s’ils sont politiquement plus proches de la majorité présidentielle que de l’opposition. Une opposition qui peine à imprimer ses marques même là où elle peut le faire.

Aujourd’hui, il n’est un secret pour personne, de nouveaux gouverneurs, l’opinion congolaise dans son ensemble attend du neuf.

Tout le monde a en horreur la répétition des pratiques qui ont fini, ici et là, par souiller la fonction du gouverneur. Que hier n’importe qui, même le plus téméraire, ne pouvait exercer. C’est une fonction qui était protégée et que ne pouvaient exercer que des personnalités ayant des qualités intellectuelles et morales requises pour se faire accepter par leurs administrés.

Le fauteuil du gouverneur a été banalisé à un point tel que n’importe qui a pu y accéder, et souvent n’importe comment aussi.

Matadi et Kisangani resteront des antécédents dans la pratique de la démocratie en RDC. Au point où, à l’heure qu’il est, dans toutes les familles politiques les conversations ne tournent qu’autour de cela. Comment cela a-t-il pu être possible que des personnes que l’on n’attendait pas aient pu balayer d’un trait des personnalités qui jouissaient de l’appui et de toute la logistique de leurs familles politiques respectives?

A Lubumbashi où il se trouvait encore la semaine passée, Kabila a fait le point avec quelques-uns de ses proches lieutenants pour tirer au clair toutes les leçons qui découlent de ce qui s’est passé à Matadi et à Kisangani.

Dans la famille politique du Chef de l’Etat, l’heure est à la recherche de l’aiguille dans le foin. Que s’est-il passé pour que les consignes clairement données n’aient pas été respectées ? A quel niveau ce travail qu’on appellerait de sape a-t-il pu être exécuté ? Et par qui de précis ?

A la MP on cherche à comprendre parce que l’antécédent de Matadi et de Kisangani a beaucoup de chances de faire école.

Lorsque des indépendants, sans soutien logistique significatif, parviennent à tordre le cou aux candidats de la MP, c’est qu’il y a des choses à revoir dans le fonctionnement de cette famille politique. Qui a du mal, à ce jour, à se remettre des coups reçus des vainqueurs de Matadi et de Kisangani. Devenus une référence sur l’ensemble du territoire national pour être parvenus à déjouer tous les pronostics qui les donnaient tous les deux perdants au départ.

Maintenant, qu’est-ce que Mbadu et Bamanisa doivent faire de neuf ? D’abord, et sans le moindre complexe, ils gagneraient à faire ce que Moïse Katumbi réalise au Katanga, une province pas du tout facile à diriger. Il n’attend pas les 40% lui rétrocédés par  Kinshasa, pour faire à son niveau avec les miettes dont il dispose, tout ce qui peut faire avancer sa province dans tous les domaines.

Il n’est pas nécessaire de l’imiter en tout. Mais parvenir à faire plus ou moins ce que lui fait à une grande échelle, est de nature à désenclaver beaucoup de villages dans ces deux provinces.

Ensuite, ils doivent être totalement au service de leurs administrés qui attendent beaucoup d’eux. Protéger les terres en les valorisant, tout en organisant  les paysans en coopératives, améliorer les systèmes de l’éducation et de la santé, chasser la famine et la mendicité ; voilà quelques tâches parmi les plus prioritaires qui attendent les nouveaux gouverneurs.

Travailler pour consolider le système sans lequel, indépendants, ils ne seraient arrivés à rien de positif. Autrement dit, les nouveaux gouverneurs doivent travailler de telle manière que la démocratie, avec toutes les contraintes qu’elle comporte, s’enracine  profondément dans leurs deux provinces.

Le Congolais n’a plus besoin de spectacle. Il veut des gens qui vont dans le sens de ses intérêts légitimes à lui.

C’est un message que Mbadu et Bamanisa peuvent comprendre sans trop se faire prier. Ils ont créé un antécédent, dont le pays est fier, mais qu’ils se doivent d’assumer avec bonheur et en toute responsabilité. La République les regarde. Ils n’ont plus droit ni au recul ni à l’erreur.

Mankenda Voka

 

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