Triomphe de la démocratie à Matadi et à Kisangani

C’étaient des cris de joie partout, à Matadi et à Kisangani aussitôt les noms de nouveaux gouverneurs connus. Partout dans le pays, même dans Kinshasa la sceptique, les gens parlaient de cette élection avec une délectation qu’ils avaient du mal à dissimuler. C’est la preuve que le congolais se sent concerné par tout ce qui se passe, de bien ou de moins bien, sur l’ensemble du territoire national.

Les héros du jour, Jacques Mbadu et Jean Bamanisa commencent leur mandat dans des conditions psychologiques saines et solides. Car ils se savent aimés, et de leurs électeurs et de tous leurs compatriotes congolais qui voient dans leur victoire, une fois de plus, le triomphe de la démocratie en RDC.

Malheur à ceux qui ne croyaient toujours pas en la capacité du congolais à relever les défis liés au bon fonctionnement de la démocratie dans notre pays. La preuve vient de leur être administrée que malgré ses hauts et ses bas, la démocratie est une réalité indéniable en RDC.

A Matadi et à Kisangani, par leurs députés provinciaux interposés, la population vient de démontrer sa force. C’est elle en définitive qui choisit qui elle veut. Et en qui a-t-elle décidé souverainement de placer sa confiance.

A Matadi comme à Kisangani, il est juste aujourd’hui de parler de Jacques Mbadu et de Jean Bamanisa, les deux vainqueurs de ce scrutin dont l’opinion attendait le résultat avec une impatience toute justifiée.

Mais il est plus juste dans la situation particulière de notre pays, de parler plus, une fois de plus, de la victoire de la démocratie. C’est elle, en effet, quoi qu’on dise, qui a triomphé aujourd’hui aussi bien à Matadi qu’à Kisangani.

Comme le hasard fait bien les choses, les deux nouveaux élus ont quelque chose de capital en commun. Ils sont des cadres de très bonne facture intellectuelle en plus d’être aussi des redoutables opérateurs économiques. Dont notre pays a abondamment besoin par ces temps qui courent, particulièrement marqués par des crises aux facettes multiples.

L’un et l’autre passent pour être des hommes de conviction, de terrain et de très maladivement portés sur le résultat coûte que coûte.

Que pouvions-nous espérer de mieux ? Maintenant le conseil. Arrivés par les urnes avec les voix des députés de l’opposition et de la majorité, ils ont le devoir de gérer leurs provinces respectives en privilégiant le mérite, en lieu et place des couleurs politiques, dont on sait par ailleurs comment et avec quelle vitesse elles changent sans façon sous des cieux comme le nôtre.

Ils doivent se dire qu’ils portent sur leurs épaules une écrasante responsabilité, celle d’avoir suscité dans l’opinion beaucoup d’espoirs qu’ils se doivent de rencontrer obligatoirement. Et rapidement. En attendant, et ce n’est pas trop leur demander, ils doivent inaugurer une nouvelle façon de gérer. Le pouvoir de proximité, ils doivent aussi le savoir, a l’inconvénient d’être très exigeant. Et très ingrat en cas de tâtonnement avéré.

Les nouveaux gouverneurs ont reçu de leurs élus, sous condition, un chèque en blanc. Dont ils savent ce qu’il comporte comme nombre de pièges cachés.

Le gouverneur Bamanisa doit transformer en réalités parlantes toutes les potentialités de sa province aux richesses insolentes. Il est temps que tout cela profite aujourd’hui à la population qui n’a que trop souffert. Et ce n’est pas à Bamanisa qu’on doit l’apprendre.

Pour mieux mériter de la confiance de ses élus, Bamanisa doit s’engager à reculer notablement les frontières de la pauvreté innommable dans laquelle patauge la population de la Province Orientale.

Il en est de même pour Jacques Mbadu qui doit veiller à ce que ses administrés ne se réveillent pas un jour complètement dépouillées de toutes ses terres et de ses cimetières que l’on vend à tour de bras. Il doit en plus lutter et résister à tous ceux qui se fabriquent des missions de service dans le Bas-Congo au frais de la province. La proximité avec la capitale, qui est une chance avec son marché de plus de huit millions d’habitants, est aussi un malheur parce que pour un oui ou pour un non des gens, pour des motifs souvent fantaisistes, débarquent à Matadi en se faisant couper les ongles au frais de la province.

Il faut gérer autrement, et ne jamais avoir peur de s’assumer. C’est l’unique moyen de donner un sens à la démocratie qui vient très heureusement de triompher aussi bien à Matadi qu’à Kisangani.

Mankenda Voka

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s