Guerre au Nord-Kivu : Matata et Reynders favorables à un renforcement de la Monusco

Le Premier ministre de la RDC, Matata Ponyo Mapon et le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders ont tous deux plaidé en faveur d’un renforcement de la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), qui est déjà l’une des principales opérations onusiennes de maintien de la paix. « Le renforcement de la Monusco est une priorité aujourd’hui. La Monusco doit être revigorée. Déjà présente, elle constitue une alternative crédible et réaliste » au déploiement d’une force internationale neutre envisagée par les pays de la région pour éradiquer les nombreux groupes armés présents dans l’est congolais, a souligné Matata Ponyo qui effectue une visite officielle en Belgique et en Allemagne.

 

Au cours de sa visite en Belgique, le Premier ministre congolais, Matata Ponyo, qui s’entretenait avec Didier Reynders a évoqué la question sécuritaire dans son pays. Matata Ponyo a rappelé que l’est de la RDC était depuis plusieurs mois le théâtre d’affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les rebelles du M23. Le chef du gouvernement congolais a accusé le M23 d’être le produit des deux pays dont il n’a pas cité les noms.

Aussi a-t-il appelé la Belgique à renforcer sa coopération militaire avec la RDC, qui a déjà permis de former notamment deux bataillons d’élite actuellement déployés dans la province du Nord-Kivu (est). « Nous apprécions tous les efforts que la Belgique a déployés et nous pensons que la Belgique en tant que partenaire historique et solide de la RDC devra continuer à appuyer les forces armées congolaises par cette coopération bilatérale que nous voudrions renforcer », a affirmé M. Matata.

Didier Reynders a assuré une nouvelle fois que la Belgique était « prête à poursuivre et renforcer son travail de formation en la matière ». Mais il a réitéré son souhait d’une « réforme » et d’une « professionnalisation en profondeur » de l’armée congolaise. Ce que tout Congolais a toujours souhaité.

Les deux personnalités politiques ont toutes deux plaidé en faveur d’un renforcement de la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), qui est déjà l’une des principales opérations onusiennes de maintien de la paix. « Le renforcement de la Monusco est une priorité aujourd’hui. La Monusco doit être revigorée. Déjà présente, elle constitue une alternative crédible et réaliste » au déploiement d’une force internationale neutre envisagée par les pays de la région pour éradiquer les nombreux groupes armés présents dans l’est congolais, a souligné M. Matata.

Selon lui, l’implication de deux pays voisins – le Rwanda et l’Ouganda – dans la mutinerie du M23, en cours depuis fin avril, n’est en effet pas de nature à favoriser le déploiement de cette force – dont la mise sur pied a déjà fait l’objet de plusieurs sommets régionaux, mais sans résultats tangibles.

Sans récuser l’idée de cette force neutre, M. Reynders a souligné qu’elle « devra s’appuyer sur la logistique et les moyens d’action de la Monusco ».

 

Abstention de la Belgique

Par ailleurs, Didier Reynders a évoqué l’élection jeudi 11 octobre du Rwanda au Conseil de sécurité de l’Onu à laquelle son pays s’est abstenu.

La Belgique s’est en effet abstenue lors de l’élection du Rwanda au Conseil de sécurité de l’Onu pour la période 2013-2014 en raison du soutien apporté par Kigali à une rébellion active dans l’est de la République démocratique du Congo. « Nous nous sommes abstenus (…) pour marquer le coup » à la suite de l’apparition d’éléments sur l’implication d’un pays voisin dans cette mutinerie, a déclaré Didier Reynders à l’issue de son entretien à Bruxelles avec le Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo Mapon.

« Une abstention est comptabilisée en bout de course comme une opposition » à la candidature du Rwanda – qui a pourtant été élu jeudi membre non permanent pour une durée de deux ans par 148 voix sur un total de 193 pays membres de l’Assemblée générale -, en dépit d’un rapport confidentiel mais accablant sur son soutien à la rébellion du M23 dans l’est de la RDC. Kigali a toujours démenti ces accusations, parlant d’un « rapport erroné » et de « manipulation ».

Pour le chef de la diplomatie belge, « voir un pays impliqué dans un dossier de ce point de vue siéger au Conseil de sécurité cela n’était évidemment pas notre priorité ».

On rappelle que juste avant le vote, la délégation congolaise à l’Onu avait objecté, sans succès, que le Rwanda n’était pas digne de siéger au Conseil de sécurité en raison de son « rôle déstabilisateur » sur son territoire.

Un argument répété lundi 22 octobre par le Premier ministre congolais lors d’un point de presse conjoint avec le chef de la diplomatie belge. « Il nous paraît tout à fait contradictoire qu’un pays qui joue un rôle de déstabilisation de notre nation, qui est identifié comme un appui aux forces négatives – dont des personnes recherchées par la Cour pénale internationale (CPI), comme le général Bosco Ntaganda – puisse accéder au Conseil de sécurité », a-t-il dit, parlant de « signal négatif » donné par la communauté internationale.

Kléber Kungu

Déclaration de M. Herman Van Rompuy, Président du Conseil européen, lors de la rencontre avec le Premier Ministre de la République Démocratique du Congo, M. Augustin Matata Ponyo

J’ai eu le plaisir de rencontrer aujourd’hui le Premier Ministre de la République Démocratique du Congo, pour un échange de vues sur la situation économique, politique et sécuritaire en RDC et dans la région.

L’Union européenne a beaucoup investi dans un avenir démocratique, prospère et stable pour la RDC. L’UE est le premier partenaire du pays et elle pilote deux missions de gestion de crise en RDC, qui accompagnent les autorités dans la réforme de la police et de l’armée.

M. Matata Ponyo m’a informé du programme de réformes de son gouvernement, notamment des priorités en matière de consolidation macro-économique, de climat des affaires et de gouvernance, ainsi que de l’état des préparatifs pour la suite du processus électoral.

Tout en saluant son engagement, j’ai encouragé le Premier Ministre à procéder rapidement aux réformes nécessaires visant à ancrer fermement l’état de droit et la démocratie en

RDC, tout particulièrement en matière de réforme du secteur de sécurité et concernant le processus électoral. Il est dans l’intérêt de l’Union européenne d’apporter son soutien à des

Etats démocratiques bien gouvernés, qui respectent l’État de droit et les droits de l’homme et agissent pour le bien de la population.

Nous avons également discuté de la situation grave à l’est du pays, en proie aux activités militaires de bandes armées, avec des conséquences tragiques pour la population civile, en particulier les femmes et les enfants. J’ai exprimé ma préoccupation profonde quant au nombre croissant de déplacés et de réfugiés, et assuré que l’Union européenne restera à l’avant-garde des efforts humanitaires.

J’ai profité de cette rencontre pour réitérer la solidarité de l’Union envers la RDC en ce qui concerne le respect de son intégrité territoriale et souligné l’urgence que toute aide, notamment extérieure, au M23 et aux autres groupes armés actifs à l’est du pays, cesse sans délai. Tous les pays de la région doivent condamner les activités militaires des groupes armés. Il en va également de la responsabilité de la RDC de renforcer le consensus de base dans les Kivus et d’affirmer l’état de droit dans ces Provinces.

Enfin, j’ai encouragé au cours de notre discussion le dialogue et la recherche de solutions politiques entre la RDC et ses voisins. Aucune solution politique durable n’est envisageable sans le retour d’une dynamique régionale positive dans les Grands Lacs. Dans ce contexte, j’ai salué les mesures concrètes de confiance tel le Mécanisme de Vérification Conjointe à la frontière entre la RDC et le Rwanda.

C’est par la voie de la détermination nationale et de la coopération régionale et internationale que nous devons retrouver le chemin de la paix durable. L’Union européenne est prête à continuer, en tant que partenaire fiable et en tant qu’amie, à contribuer à ce but commun avec tous les acteurs concernés.

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