Sortant de son silence, Jacquemain Shabani : « Je ne mérite pas d’être conduit à l’abattoir comme un mouton »

Une semaine après le jugement de la commission de discipline ad hoc, jugement par lequel il a été déchu de ses fonctions, Jacquemain Shabani Lukoo, secrétaire général suspendu de l’UDPS est sorti de son silence pour éclairer l’opinion tant nationale qu’internationale devant la presse. C’était hier dimanche au Flat hôtel Beverly situé sur l’avenue Nyembwe au quartier Socimat/Gombe.

 

D’entrée de jeu, M. Jacquemain Shabani s’est dit ahuri de constater qu’une commission de discipline ad hoc s’empresse de rendre ses conclusions de la manière que l’on sait et qui le place dans l’obligation de s’adresser à l’opinion, en violation manifeste des principes de droit et des statuts de l’UDPS alors que l’instruction pénale suit encore son cours au parquet.

« Si nous comprenons le bien-fondé du maintien de la discipline et de la bonne morale au sein du parti, la composition de cette commission de discipline ad hoc ainsi que sa méthodologie de travail sélective me font craindre un déviationnisme dangereux qui sera  préjudiciable à la stabilité du parti. Sa tendance à servir d’instrument de règlement des comptes rend difficile l’acceptation de ses conclusions pour la grande majorité des membres du parti » a lancé l’enfant terrible de l’UDPS pour stigmatiser le mauvais rôle joué par la commission de discipline ad hoc.

Toutefois, l’orateur a déclaré s’interdire de se lancer dans une polémique fratricide, estimant cela malsain pour son parti l’UDSP. Il s’est plutôt engagé à laver son image méchamment ternie par l’adversité politique.

S’agissant de ce dont il est accusé, il a précisé : « S’il est une chose dont je suis sûr c’est que le président Tshisekedi sait que les 300.000 $ US dont on m’accuse de détournement ont été effectivement payés à l’imprimeur des cartes du parti (pour cela je joins à la présente le reçu de l’imprimerie, la mise en demeure de l’imprimerie où il reconnaît le paiement intégral de la somme en question et enfin le procès-verbal d’audition des responsables de l’imprimerie qui reconnaissent devant le procureur la réception de ladite somme ». Une façon pour lui de dire qu’il ne comprend pas comment on passe de 300.000 $^US de la commande chez Congo Graphic à 275.783 $ US provenant de la vente des cartes comme s’il en était le vendeur patenté.

Jacquemain Shabani Lukoo, poursuivant son exposé n’a pas manqué de reconnaître que son bilan est positif même s’il avait pris ses fonctions à un moment difficile de l’histoire du parti et dans un contexte national très agité suite aux élections. « En effet, ma mission était d’amener l’UDPS aux élections », a-t-il fait savoir. Il a reconnu  que ses collègues et les différentes structures du parti au pays comme à l’extérieur ont fait le travail, que le bilan est positif et la mission accomplie.

Pour terminer, il a reconnu que les fonctions de secrétaire général l’ont astreint  à plus de retenue à toute sorte d’attaques visant essentiellement sa déstabilisation mais a déclaré s’être engagé solennellement devant la nation et devant l’histoire de ne jamais trahir les idéaux du combat pour l’avènement d’un véritable Etat de droit, démocratique et social qui devront partir de son parti, l’UDPS. Et il a remis à la presse 4 documents qui établissent totalement son innocence, à savoir : la lettre de Congo Graphic datée du 29 mai 2012 par laquelle cette imprimerie exige de l’UDPS le paiement de 194.500 $ US  restants ; la facture remise par cette maison à l’UDPS le 9 décembre lors du paiement, l’autorisation de lever copie des procès verbaux et pièces versées au dossier adressée à Me Balibuno et le PV d’audition des cadres de Congo Graphic daté du 18 août 2012.

 

Le traditionnel jeu de questions

Enfin c’était le traditionnel jeu de questions-réponses avec la presse. A la question de savoir s’il a rencontré Tshisekedi depuis sa suspension, Jacquemain Shabani a précisé qu’il l’a rencontré à 2 reprises, qu’il lui avait demandé de garder son calme et il le garde, qu’il est serein depuis 3 mois. Il a ajouté qu’il y a d’autres visées comme soubassement dans ce dossier, non sans regretter une sorte de conflit des générations. Il est question, a-t-il lancé d’éjecter Shabani et de le remplacer par on ne sait qui. Et là-dessus, il a tapé du poing sur la table : « Je ne suis pas un voleur. Je n’ai jamais volé un seul centime de l’UDPS. Je n’ai pas cette culture. L’objectif de cette communication est de faire voir mon innocence.

A la question de savoir si, malgré le jugement de la commission de discipline ad hoc : il se sent encore dans la peau de S.G, Me Shabani a répondu qu’il faut attendre le  jugement des Cours, ajoutant que la commission a violé une multitude de dispositions inviolables, non sans reconnaître que les hommes peuvent passer, mais les institutions restent : « Je ne suis pas né S.G, je ne mourrai pas S.G. L’UDPS regorge beaucoup  de talents qui peuvent bien servir. Je ne ferai aucune obstruction quant à mon remplacement. Mais, je n’accepte pas qu’on salisse ma personne.»

Valentin Wakudinga

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