D’une longueur de 110 kilomètres le contrat a été remporté par la SAIPEM, Bientôt un pipeline entre l’Angola et la RDC

De sources généralement bien informées, l’on apprend qu’un projet portant le nom anglais de Congo River Crossing Pipeline, ambitionne de faire arriver le pétrole angolais en République démocratique du Congo, soit une distance de 110 kilomètres. Le contrat d’adjudication de cette installation, d’une longueur de 110 kilomètres, a été remporté par la SAIPEM, du groupe pétrolier italien ENI.

 

Le tuyau, d’un diamètre de 20 à 22 pouces de circonférence, un peu moins de 60 centimètres, sera immergé dans les eaux notamment du fleuve Congo, à quelque 117 mètres de profondeur. Le travail de déblayement-excavation devrait commencer très bientôt ; il est prévu pour s’achever au 4ème  trimestre de l’année 2013, affirme la source.

SAIPEM se vante d’être le groupe leader dans l’industrie de pose des pipelines. Le contrat signé en Angola lundi, d’une valeur de 950 millions de dollars, va aussi comprendre 100 kilomètres supplémentaires d’ingénierie on-shore, l’installation devant emprunter un couloir terrien.

Activités sous-marines (sous-fluviales) et autres comprennent l’approvisionnement, la fabrication et la pose de 3 tuyaux sous-marins. C’est le pose-tube Castoro 7, une technologie italienne qui a fait ses preuves notamment au Kazakhstan et dans la mer du Nord, qui va se charger du tout.

Le contrat signé lundi 24 septembre à Luanda est de type E&C offshore, auquel s’ajoute un contrat d’un autre terme spécialisé, EPCI. Ce contrat permet la réalisation sur place de toutes les infrastructures destinées à évacuer le pétrole par pipeline. Le groupe pétrolier italien ENI indique une forte implantation dans les pays du golfe de Guinée. Il y est en activité depuis les premières années des indépendances africaines.

Pétrole et gaz lui assurent une position leader, auxquels il va ajouter pour la première fois un pipeline de longue distance. ENI est présent notamment au Nigéria, dans les deux Congo et en Angola. Il y a deux mois, le groupe a annoncé la découverte d’une réserve géante de gaz au large des côtes mozambicaines, selon notre source.

 

Un autre projet pétrolier dans le parc des Virunga

Pendant ce temps, l’on apprend que le gouvernement de la République démocratique du Congo a autorisé lundi 25 septembre, la firme britannique SOCO à faire de l’exploration pétrolière dans le Parc national des Virunga, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Selon Associated Press qui cite Crispin Atama Tabe, ministre congolais des Hydrocarbures, « les intérêts économiques du pays avaient préséance sur les considérations environnementales dans le Parc national des Virunga.

Le ministre congolais des Hydrocarbures a précisé à la source que « l’exploration pétrolière pourrait durer un an ou deux. L’exploration pétrolière dans le parc pourrait favoriser la paix et améliorer la sécurité dans l’est de la République démocratique du Congo. Mais on remarque que l’exploitation des nombreuses ressources minières de la région a, jusqu’ici, provoqué l’effet contraire, et de nombreux groupes et milices s’affrontent pour prendre le contrôle des revenus générés par l’exploitation minière.

Un autre officiel congolais, cité par la source, le ministre de l’Environnement et du Tourisme, Bavon N’sa Mputu, a indiqué qu’il n’était pas en mesure de commenter cette information.

On rappelle, dans l’entretemps que la décision d’autoriser l’exploration pétrolière dans le parc national de Virunga contraste avec la décision prise par le ministre de l’Environnement en 2011, qui avait suspendu l’exploration pétrolière dans une section du parc, qui abrite environ 200 gorilles. Les gorilles des plaines et les gorilles des montagnes du Parc national des Virunga sont déjà confrontés à d’autres menaces. Des responsables ont indiqué lundi que les gardiens du parc avaient récemment secouru deux bébés gorilles des plaines enlevés par des braconniers en l’espace d’une semaine.

« Le trafic de bébés gorilles est terriblement ravageur pour les populations de gorilles, parce que plusieurs membres de la famille doivent généralement être tués pour obtenir le bébé », a expliqué le directeur du parc, Emmanuel de Mérode.

Les gorilles des plaines n’existent que dans l’est de la République démocratique du Congo. Les experts estiment qu’il n’en reste plus que 4000 environ, comparativement à 17 000 en 1995, a indiqué M. de Mérode dans un communiqué.

Le Parc national des Virunga, le plus ancien parc national du continent africain, a été classé au patrimoine mondial de l’UNESCO dans les années 1970. C’est le seul endroit sur Terre où cohabitent les trois grands singes africains. On y trouve aussi des éléphants, des buffles, des hippopotames, des antilopes, des lions, des léopards et une pléthore de petits animaux et d’oiseaux.

La concession de l’entreprise SOCO dans le parc inclut notamment le lac Edouard, l’un des grands lacs d’Afrique centrale, dont dépendent 40 000 pêcheurs de la région.

Les responsables du Parc national des Virunga soulignent que les lois congolaises protègent les parcs nationaux de tout type d’exploitation, notamment la coupe de bois et les activités agricoles. C’est cet argument qui a persuadé le groupe français Total, l’an dernier, de promettre de n’exploiter que le tiers de sa concession qui recoupe le parc des Virunga.

SOCO, dont 58 pour cent de la concession recoupe les limites du parc, fait notamment valoir que les lois sur la protection des parcs nationaux congolais permettent « la recherche géologique à des fins scientifiques », soutient notre source.

A travers cette exploration, il s’avère que notre pays cherche à développer son secteur pétrolier, qui est aujourd’hui largement sous-développé avec seulement 26.000 barils par jour, malgré d’importants gisements à la fois dans l’est et l’ouest du pays et a le droit de savoir quelles ressources sont présentes dans son sol.

On rappelle que c’est la compagnie pétrolière britannique, Soco International, qui avait été autorisée cette année à effectuer des repérages aériens au-dessus d’une zone proche de la frontière avec l’Ouganda mais cette décision avait été largement contestée par des associations de défense de l’environnement.

La plupart de ces concessions sont en effet situées à l’intérieur du Parc national des Virunga, l’un des endroits d’Afrique où la biodiversité est la plus riche et dernier refuge des gorilles de montagne.

« La RDC a le droit de savoir quelles ressources sont présentes dans son sol, même si c’est celui d’un parc ou d’une forêt », a déclaré, par ailleurs en fin de semaine à Reuters, le ministre des Hydrocarbures, Crispin Atama Tabe. Pour l’heure, la loi congolaise empêche toute recherche ou exploitation de minerais dans les parcs nationaux mais, selon le ministre, cela pourrait rapidement changer. « Nous allons évaluer la taille des gisements. S’ils sont très importants, nous allons comparer la valeur du parc et celle du pétrole. Nous verrons si nous respecterons le parc ou non. C’est à nous de décider », a dit le ministre.

Crispin Atama Tabe a précisé que l’exploration pourrait prendre jusqu’à trois ans.

Willy Kilapi

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