La salubrité, des questions en suspens

Depuis  plusieurs jours, l’assainissement de la ville de Kinshasa vient d’atteindre sa vitesse de croissière. Et cela dans la perspective de la tenue du 14ème sommet de la Francophonie à Kinshasa en octobre prochain. Pour cet événement de portée planétaire, le compte à rebours vient de commencer. Plus que quelques jours nous séparent  de cet événement. Il est déjà observé des résultats en ce qui concerne la salubrité au niveau de certains coins de la capitale où des effectifs de personnel sont déployés pour  cette tâche de collecte et d’évacuation des immondices.

Mais, il se fait que la tâche n’est pas aisée  pour la population de Kinshasa appelée à s’en approprier. Entre autres, il est noté une absence criante des poubelles dans les rues pour permettre à la population de s’en servir en cas de besoin. Par exemple,  à Kinshasa  sur le Boulevard du 30 juin réhabilité, l’on ne trouve encore aucune poubelle pour recevoir les déchets et autres immondices que les passants et les automobilistes peuvent avoir envie de se débarasser. Du rond point Socimat à la gare Centrale, il n’y a aucune poubelle mise à la disposition de la population qui ne demande pas mieux. Pourquoi, n’a-t-on pas mis des poubelles à la disposition des citoyens ? Pourquoi n’avoir pas pensé à cette question. ?

Dans les grandes artères et sur le boulevard du 30 juin dans la commune de la Gombe, rien n’est prévu dans cette commune urbaine à vocation commerciale, résidentiellle et adminsitrative,  pour recevoir et collecter les déchets produits par les passants et les habitants. Comment dans ces conditions, exiger de la population de respecter l’exigence de propreté et de respect de règles d’hygiène ? Autant de questions restées sans réponses. Il va falloir que l’autorité  rectifie le tir pour mieux faire en matière d’assainissement et d’hygiène. Et d’éducation des masses pour  intérioriser les meilleures pratiques.

Si cette carence de poubelles à Kinshasa  est observée dans la commune de la Gombe, un centre d’affaires et  le siège de la plupart des institutions,  il est illusoire de croire qu’en matière de salubrité  l’on peut faire mieux dans d’autres communes de Kinshasa, surtout dans celles situées dans la périphérie. Il est urgent pour garder la ville propre, dans la perspective de la tenue du sommet de la Francophonie, et après ces assises, de disposer des poubelles dans nos rues pour inciter la population à s’en servir et d’intérioriser le réflexe responsable de ne pas jeter les déchets dans la nature.

Naturellement, il faut reconnaître que des efforts sont déployés du côté des partenaires au développement pour avoir plus de centres de ramassage des ordures au niveau des décharges centrales. Il s’agit des décharges  installées par le programme d’assainissement urbain, un programme  développé par la Coopération avec  l’Union Européenne. L’on remarque que  plusieurs centres de ramassage  des ordures sont en train  d’être implantés à travers la ville de Kinshasa. C’est une initiative certes  louable. Mais, c’est encore  à mettre à l’actif d’un partenaire au développement ; à savoir :    l’Union Européenne. Il est bon que la RDC prenne aussi sa part dans cet effort d’assainissement de notre environnement. D’autant plus qu’il s’agit de notre cadre de vie.  Là  où vivent nos forces vives.

Ainsi, il est important dans le cadre de la nouvelle citoyenneté  d’inciter la population congolaise à s’approprier les meilleures pratiques en matière d’assainissement et de respect de l’environnement. Il y va de notre survie. C’est notamment à ce prix que nous allons lutter contre les maladies et épidémies jadis éradiquées sous la colonisation. Des épidémies  qui résurgissent  aujourd’hui en raison notamment de notre laxisme dans le respect des principes d’hygiène.  Moralité : l’insalubrité observée dans nos cités et milieux  de vie doit être combattue avec la dernière énergie. Il  faut une intériorisation et une appropriation de ces bonnes pratiques, afin de changer les comportements en vue de favoriser un mieux-être et le développement durable. Notre plus grande richesse, c’est-à-dire, le capital humain doit être géré avec la plus grande responsabilité et clairvoyance.

Apprenons à nos populations les bons reflexes et les gestes responsables. Cette tâche ne doit pas être laissée aux seuls partenaires au dévéloppement qui apportent aujourd’hui plus de ressources pour l’éducation et la santé de nos populations que nos propres pouvoirs publics. Cette tendance doit être inversée pour nous assumer, en tant que peuple ayant une vision et une fierté. Un peuple  maître de son destin. Cette action doit être au centre de nos préoccupations et de nos ambitions. Au moment où la RDC  se prépare à recevoir le monde francophone donnons une image positive et responsable de nous-mêmes. Commençons, notamment  par la salubrité, un domaine qui influe sur notre survie et notre image.

Didier Munsala Buakasa

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