Crispin Atama :  » Les hydrocarbures doivent jouer un rôle clé dans l’augmentation du budget de l’Etat »

La RDC nourrit l’ambition d’être comptée parmi les pays émergeants. Pour ce faire, il ya des secteurs qui passent en priorité pour relever ce défi, parmi lesquels les hydrocarbures qui, à en croire Crispin Atama Tabe Mogodi, ministre des hydrocarbures, lors d’une conférence tenue à la Foire internationale de Kinshasa est l’un de piliers de la révolution de la modernité, donc un socle pour un développement durable de la RDC.

A la tête de ce ministère, Crispin Atama  tient à gagner ce pari, il l’a encore répété au cours d’un entretien  qu’il a accordé dernièrement à la presse. Pour lui, le secteur des hydrocarbures doit  contribuer à l’augmentation du budget  national.  » Nous visons de faire des hydrocarbures, la source par excellence d’où proviendra plus de la moitié du budget congolais. Pour ce faire, nous devons sérieusement nous mettre au travail pour produire des protocoles d’accord sérieux et cela avec des partenaires sérieux pour être assurer de trouver mutuellement son compte. Parce que le souhait du chef de l’Etat est que nous puissions atteindre d’ici 2015, 30 à 40 milliards comme budget de l’Etat et les hydrocarbures doivent jouer un rôle  clé pour ce faire « .

Mais, il ya des impératifs qui s’imposent. Il faut donc penser à rentabiliser ce secteur  et à améliorer le climat des affaires. A ce sujet, Crispin Atama soutient que l’amélioration de ce climat  préoccupe au plus haut point le gouvernement.  »  Notre souci c’est d’améliorer le climat des affaires. Pour éviter toute suspicion, nous voulons  combattre la corruption, la lenteur administrative, la tracasserie « . Nous avons d’abord  levé l’option, ajoute-t-il, de publier tous les contrats antérieurs et les avenants. Pour ce qui est des contrats futurs, ils se feront par appel d’offre avec des conditions connues d’avance. Les sociétés qui rempliront  les conditions pourront être appelées pour  négocier avec l’Etat congolais.

 » Il faut qu’on finalise les contrats qui sont en souffrance depuis plus de deux ans « , insiste-t-il  tout en soulignant qu’un contrat  finalisé permet aux sociétés concernées de se lancer  dans l’exploration.  »  Et nous allons accompagner ces sociétés  pour qu’elles passent rapidement au forage, entre temps, nous étudierons  les voies et moyens d’évacuation du produit.

 

 » Accroître la production du pétrole « 

Le ministre des hydrocarbures pense qu’il faut  accroître  la production du pétrole   qui depuis 1969 n’est produit que vers le bassin côtier de l’océan atlantique par certaines sociétés  dont la Perenco.  Cette production est donc minime par rapport aux potentialités que regorge le pays alors qu’il ya des sites  où le pétrole est inexploité, tel qu’au niveau de la cuvette centrale, comme le souligne le n° 1 des hydrocarbures.  » La cuvette centrale regorge du pétrole non exploité. A l’Est du pays, vous trouvez le graben Albertine qui comprend aussi bien le Lac Albert que le lac Edouard. Il ya  également le graben Tanganyika qui descend jusqu’à Upemba et Moero.  »  Tous ces bassins  sédimentaires n’ont pas encore été  revalorisés « , fait -t-il remarquer.

Répondant à la question  de savoir si la RDC  ne compte pas  créer une société  publique d’exploration, Crispin Atama  précise que  la RDC a un service  public. Il s’agit de la Congolaise des hydrocarbures.  » C’est une société d’Etat qui a déjà des contrats de partenariat avec d’autres sociétés mais  qui n’a pas encore la capacité suffisante  d’opérer seule. C’est pourquoi, nous lançons un appel aux grandes sociétés telles que Total, Chevron, Eni pour nous accompagner dans cette aventure « .  dans notre vision, poursui-t-il,  nous pensons  que la Cohydro, en tant que société de l’Etat doit avoir plus de capacité que les autres. Nous visions sa réhabilitation en lui octroyant  plus  des moyens et une gestion de type commerciale pour une rentabilité maximale.

Avant de reconnaitre que  la RDC  a perdu presque 7 ans,  »  en octroyant des blocs pétroliers à des sociétés, que nous considérions  de commissionnaires, qui au lieu d’exploiter, revendaient à leur tour ces blocs pétroliers à 5 ou 10 fois la valeur d’achat « . Pour mettre un terme à cette  mauvaise pratique qui fait perdre au pays beaucoup d’argent, Crispin Atama  pense traiter directement avec des sociétés  ayant de moyens de se mettre au travail dès octroi.

La relance de la Socir, société actuellement fermée suite à l’absence  d’entretien des équipements et unités de production, a également focalisé l’attention du ministre des hydrocarbures qui  milite pour sa réouverture.  » Nous militons pour la relance de cette entreprise. Ainsi, nous pensons soumettre prochainement ce dossier au conseil de ministres pour allocation d’un budget conséquent afin de remettre à flot cette société. Cela permettra de remettre au travail la multitude des employés en chômage et de faire baisser le prix du pétrole raffiné en RDC « .

Blandine Lusimana T.

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